Chien peureux envers les gens non familiers... Comment s'y prendre?

Plusieurs articles, textes ou audios traitent déjà de la peur, du stress et de l’anxiété ainsi que de leurs conséquences sur les animaux. Avant tout, dans mon travail d’intervenante, je souhaite répondre aux besoins de mes clients et m’adapter à chaque famille. Bien que dans cet article, je vais tenter de vous aider à mieux comprendre votre chien et vous donner des pistes de solutions en cas de crainte des gens peu connus. Des sujets comme les causes, le langage corporel lié à la peur, les interventions et des outils utiles seront abordés. Bonne lecture!

 

Une émotion

Parlons d’abord un peu de cette émotion qu’est la peur. Il s’agit d’une des émotions éprouvée par l’humain que peut ressentir un animal. Il y a aussi la joie, la colère, la tristesse, le dégoût, l’empathie… La peur, quant à elle, amène une réaction comportementale adaptative face à une menace réelle et concrète. Cette émotion permet la survie de l’animal tout comme pour nous.

Elle est normale, instinctive et permet aux animaux de réagir en cas de menace ou de danger. L’animal en présence d’un stress léger peut conserver sa capacité à apprendre. Mais si le stress est plus important, il peut en venir à avoir de la difficulté à apprendre, mémoriser voire même jusqu’à une incapacité à se calmer au-delà de plusieurs heures.

Les réactions du chien en cas de peur peuvent être influencées par un manque de socialisation, de mauvaises expériences vécues, la génétique et même un problème de santé ou une éducation inadéquate et incohérente. La peur des humains peu connus est l’une des principales demandes de consultation en comportement canin que nous constatons. Il faut savoir que l’agressivité est le plus souvent lié à de la peur! Et chez l’humain également. Ne diriez vous pas que l’inquiétude quelle qu’elle soit peut amener à de la colère, de l’irritabilité, de l’impatience? Parlez-en aux mamans autour de vous!

 

Le langage corporel lié à la peur

L’expression corporelle que l’on observe généralement en cas de peur est variée et constitue les signes de stress, les signaux d’apaisement ou d’inconfort, les postures d’évitement… Vous pouvez observer des pupilles dilatées, un regard fixe, l’halètement, une perte de poils excessive, la présence de pellicules dans le pelage, des yeux de baleine, de l’hypervigilance, un refus de manger, les oreilles vers l’arrière, déféquer, uriner, sudation des coussinets, queue entre les pattes, une posture rigide, des gémissements, grognements, montrer les dents, mordre dans le vide, une pilo-érection, etc…

Certains signaux seront volontaires de la part du chien pour démontrer un inconfort (parfois avant de devenir un stress plus important) comme se lécher le nez, bailler, détourner la tête ou le corps, sentir le sol, cligner lentement des yeux, se secouer, position d’appel au jeu, s’immobiliser, s’asseoir, se coucher, s’approcher en demi-cercle…

Devant une difficulté ou une menace plus importante, le chien réagira avec ses réflexes de défense (4F) : fuir, foncer, figer, faire semblant ou faire le fou. Ces réflexes sont plutôt instinctifs et peuvent varier selon les options possibles pour l’individu en fonction de la situation.

Il est nécessaire de bien connaître ces différents comportements du langage corporel canin pour bien évaluer son niveau de stress. Puisque votre rôle sera d’adapter la situation pour faire en sorte que votre chien revienne à un état plus calme et qu’il retrouve son équilibre physique, mental et émotionnel.

 

Différentes façons d’intervenir

Les conseils qui suivent s’appliquent autant aux gens peu connus rencontrés, en visite dans de nouveaux environnements ou même à son humain de référence. Il s’agit de l’attitude respectueuse que nous devrions tous avoir face aux animaux. Ces animaux de compagnie avec lesquels nous vivons dans nos foyers ont besoins d’être guidés clairement au quotidien. Nos intentions doivent êtres honnêtes, claires et démonter notre envie de leur faire confiance. L’authenticité dans nos interactions et le respect de nos besoins mutuels comblés. Avoir en tête qu’il s’agit de collaboration et de cohabitation avec nos animaux. Donc, apprendre à connaître leurs limites tout en leur indiquant les nôtres de façon claire et douce.

 

L’approche

Pour qu’un animal se sente bien et en sécurité en présence d’un humain, il faut avant tout lui donner confiance en lui et en cet humain. Tout d’abord, donnez-lui l’espace nécessaire dont il a besoin pour demeurer dans un état corporel détendu. Ce qui implique naturellement que l’humain ne va jamais vers le chien. Il doit laisser le chien venir à lui et à son rythme. Si le chien est un peu méfiant, l’humain peut l’inviter à interagir en reculant d’un pas en position accroupie ou non, tout dépend de son langage corporel. Se positionner à côté du chien tout en regardant dans la même direction que lui. Le fait de regarder fixement un chien est interprété comme une menace en langage canin. Sachez que c’est toujours le chien qui décide de l’interaction, c’est lui qui approche l’humain!

Le contact

Si l’ami canin semble désirer un contact, vous pouvez débuter par toucher le poitrail, les épaules, sous les oreilles, le cou. Touchez-le brièvement puis observez sa réaction ou son attitude. Ce sont des zones corporelles majoritairement appréciées des chiens. Évitez de caresser les oreilles, la face, le dessus de la tête, les pattes et la queue qui sont des zones souvent peu appréciées! L’humain doit s’assurer que le chien est consentant et qu’il souhaite cette interaction. Le contact se fait toujours dans le respect des limites de l’animal.

Le ton voix

L’humain non familier utilisera une voix douce et rassurante. Votre ami canin est très sensible au ton de voix humaine. Vous devez être cohérent avec vos émotions et les gens présents aussi. Évitez les gestes brusques ou contraignants et les interactions envahissantes et potentiellement désagréables pour le chien. Tout le monde a besoin d’espace!

L’attitude

Surtout soyez calme et détendu. Respirez profondément et lentement. Et j’ajouterai même que vous devez être en pleine conscience de tout ce que vous faites. Un chien qui voit que vous êtes attentif à lui et à ses besoins ou inconforts vous fera confiance très rapidement. Dès que vous le manipulez ou interagissez avec lui, soyez totalement dans l’instant présent.

Le positif

Vous pouvez ajouter des friandises ou des jouets dans votre approche pour aider à changer plus rapidement l’émotion du chien, même sans entraînement particulier s’il s’agit juste d’établir un lien de confiance rapidement. Le secret est de prendre son temps sans pression. Plus vous irez lentement, plus il progressera rapidement!

Encourager l’autonomie

Si la peur est minime et qu’une curiosité est présente, laissez le chien explorer, renifler et restez présent au cas où il en aurait besoin, sans intervenir. Il est prioritaire d’encourager l’autonomie et la curiosité du chien. Si vous tenez le chien en laisse, il est important de la tenir relâchée afin de lui transmettre un message de confiance. Si la situation le permet, laissez la laisse rattachée au collier ou au harnais traîner librement au sol.  Tout en permettant une certaine liberté au chien et l’expression adéquate de sa communication, vous aurez une plus grande facilité d’intervenir au besoin en prenant la laisse.

 

L’entraînement

Pour un entraînement efficace et bien adapté, demandez l’aide d’un intervenant compétent du milieu canin. Un entraînement en contre-conditionnement tout en renforçant le calme de façon positive sera un excellent outil. Dans les cas de crainte d’un humain non-familier, débuter l’entraînement du chien à grande distance de l’humain et toujours en tenant compte de son langage corporel. Vous pourrez vous rapprocher graduellement et à son rythme (désensibilisation graduelle ou systématique) de l’élément déclencheur ou de l’intrus lui-même.

 

Intervenir en prévention

En considérant toujours la distance nécessaire pour que le chien soit calme et réceptif. Il doit rester attentif à son humain et ne pas exprimer de signaux d’inconfort. Intervenir en prévention est la clé, le travail débute avant même que le chien soit inconfortable. Il est nécessaire de ne pas laisser le chien regarder fixement l’inconnu. Si vous êtes l’inconnu pour un chien, donnez-lui de l’espace. S’il s’approche et s’intéresse à vous, restez doux et offrez-lui des friandises très appétentes pour lui. Souvent de lui lancer les gâteries au sol loin de vous est préférable puisque de cette façon vous respectez son espace et ne le forcez pas à manger dans votre main.

Plusieurs exercices de focus, d’attention à son humain, d’auto-contrôle ou des demandes de base peuvent être utilisées. Également, je préconise de guider le chien à prendre lui-même de bonnes décisions en lui confirmant par un mot (good, bon chien, bravo…) sur un ton doux et rassurant chaque fois qu’il démontre du calme, de la détente ou un comportement associé à cet état d’esprit. Toujours garder les yeux sur le chien!

Dans des situations plus graves de crainte des inconnus par des comportements de réactivité, agressifs, de fuite ou de peur intense je recommande de voir un vétérinaire, intervenant en comportement canin ou vétérinaire comportementaliste selon le cas. Dans plusieurs cas, une médication combinée à une thérapie comportementale peut s’avérer nécessaire.

 

La méthode Tellignton TTouch

Une méthode de plus en plus connue du monde animalier, qui a vu le jour il y a environ 40 ans et développée par Linda Tellington-Jones. Débutée avec les chevaux, elle a été rapidement adaptée aux animaux de compagnie. Elle peut facilement être intégrée aux entraînements, soins et interactions avec des animaux même par des gens moins expérimentés.

Je la décrirais comme un mode de vie qui s’applique à n’importe quelle situation. Une attitude respectueuse, douce, consciente dans nos interactions. Une capacité d’observation, un travail avec des touchers alliant technique et intuition, du travail en mouvement et différents outils pour aider l’animal à se calmer et se détendre. Le but étant de rendre plus facile toute situation potentiellement difficile pour lui. Une méthode qui fait encore ses preuves dans les interventions comportementales et très efficace pour travailler les peurs.

 

Les outils

Le TTouch est donc un outil vraiment intéressant et d’une efficacité surprenante pour créer un lien de confiance avec n’importe quel animal.

Il y a aussi les suppléments naturels pour les cas moins graves qui peuvent aider le chien à revenir dans un état de mieux être et l’aider à retrouver sa capacité d’apprentissage tel Zylkène (protéine de lait hydrolisée)), Biocalm, Calming care… Je préconise les produits vétérinaires puisqu’il est beaucoup plus facile d’avoir toutes les informations des compagnies, recommandations, dosages, contre-indications, etc… Par les compagnies elles-mêmes et les vétérinaires qui connaissent très bien leurs produits et leurs effets. Pour vous conseiller, cherchez une clinique vétérinaire qui correspond à vos valeurs et vos attentes.

Également, il existe des phéromones apaisantes (tel Adaptil), des nourritures avec suppléments en caseine, tryptophane, mélatonine ou L-théanine. Et aussi des chandails calmants de type Thundershirt, gilet anti-anxiété, gilet calmant Fidèle canin, Happy hoodie (bandeau)… Tous ces outils peuvent généralement être combinés ensemble et ajoutés à une thérapie comportementale. S’ils ne sont pas suffisants, vous pouvez demander conseil à votre vétérinaire qui vous recommandera la meilleure option pour votre chien.

 

Pour conclure

En résumé, nous devons diminuer nos attentes qui sont souvent trop élevés pour les aptitudes et limites de nos chiens. Prendre le temps de les observer, de les comprendre et de trouver la meilleure façon de nous faire comprendre d’eux. Soyez patients, constants, clairs et cohérents au quotidien. En adoptant une attitude qui respecte dès le départ leurs limites, leur espace, ce qu’ils sont vraiment, vous réussirez à leur donner confiance!  N’hésitez pas à vous faire conseiller par les meilleurs intervenants dans le domaine canin. Que vous soyez propriétaires d’animaux, toiletteurs, animaliers, techniciens(nes) en santé animale, zoothérapeutes, enseignants ou autre, nous avons tous une expérience, des bagages de vie différents qui peuvent servir aux autres. N’hésitez pas à faire appel à moi pour y voir plus clair!

 

Rédigé par Gabrielle Charland

TSA et intervenante en comportement canin et félin

Praticienne TTouch niveau 1

 

Sources :

  • Leclerc, Lucie. Formation en TTouch pour animaux de compagnie. 2019 à 2021.
  • Rugaas, Turid. Les signaux d’apaisement, les bases de la communication canine. Éditions Génie canin. 2006.
  • Yin, Sophia. Low stress handling. Restraint and behavior modifications on dogs and cats. Cattledog publishing.

 

Comment gérer les périodes de folies de votre chien?

Si vous avez côtoyé des chiens ou en êtes propriétaire, vous avez sûrement déjà vu un jour une démonstration des plus intéressante d’un réel débordement d’énergie! Je parle d’un moment très court où le chien explose littéralement comme un ‘’presto’’ de toute cette énergie refoulée. Il court en rond ou dans tous les sens, saute, se propulse, renversant parfois les meubles, bousculant les gens ou même sans toucher à rien du tout! Il peut vous sembler complètement névrosé, déconnecté et imprudent!

Également amusant à voir pour certains, plusieurs d’entre vous ne savent pas quoi faire dans cette situation. Par expérience beaucoup de femmes seront inquiètes que Toutou se blesse ou détruise quelque chose, surtout si cela se produit dans la maison. Du point de vue des hommes, c’est souvent drôle et pas du tout inquiétant. Mais qu’en est-il réellement? Est-ce un comportement normal? Et devons-nous intervenir?

 

À savoir

Sachez qu’il y a très peu d’informations scientifiques à ce sujet. Ce comportement est appelé: périodes d’activités frénétiques aléatoires (FRAP étant le terme anglais pour frenetic random activity periods). Il est tout à fait naturel et peut s’exprimer autant chez le chiot pendant son développement que chez le chien adulte. Il est le plus souvent causé par une accumulation d’énergie ou une grande excitation, mais peut parfois servir à diminuer un stress dans une situation inconfortable ou nouvelle. Vous avez l’impression que votre animal exprime une grande joie, mais ce n’est pas toujours le cas!

 

Quand?

Ce comportement peut être exprimé de façon aléatoire selon les situations ou à des moments plus précis de la journée. Par exemple: après une longue période de repos, avant un repas ou une récompense appétissante, à la sortie du bain, dans la soirée, à la sortie d’un moment dans sa cage ou en enclos. Aussi, après la promenade, à l’arrivée dans un endroit de jeu ou en liberté permise comme un parc, pendant une séance d’entraînement…

Mon propre chien, maintenant âgé de 4 ans, le fait souvent en revenant de la marche en laisse. Il tourne sur lui-même plusieurs fois à toute vitesse avant de courser.  Nous lui laissons alors l’occasion s’emporter librement! Mais, interdit de nous bousculer! Ce qui contribue à atténuer ce comportement est de lui faire dépenser son surplus d’énergie avant la marche. Bref, le moment varie selon la cause, l’âge du chien, la situation, son niveau d’activité quotidienne, etc.

 

Chez le chiot, l’adolescent ou l’adulte

Si vous avez un jeune chien, vous remarquerez que ces périodes d’une durés variable entre plusieurs secondes à quelques minutes se produisent souvent le soir. Vous les observerez pendant quelques mois. Chez l’adulte ces moments seront moins fréquents. Habituellement, dus à l’évacuation d’un surplus d’énergie emmagasinée pendant la journée. Imaginez vos enfants calmement installés devant la télévision sur le sofa. Pitou qui instantanément court à grande course de la cuisine au salon faisant le tour des meubles et sautant sur le sofa sur les enfants! J’ai vu souvent des chiens se propulser sur le mur, le sofa ou même le dossier d’un fauteuil, renversant celui-ci! À l’intérieur de la maison, il ne faut pas négliger la sécurité. Il est toujours indiqué de retirer les objets de sa trajectoire pour éviter les blessures!

 

Recommandations

  • Vous assurer que votre chien a ses besoins comblés en activité physique, masticatoire et mentale quotidienne (3 à 5 heures/ jour selon l’individu). Même parfois plus chez certaines races ou chiens de travail. Offrez-lui tous ses repas dans des bols interactifs ou sous forme de jeux.

 

  • Prévoyez des séances d’activité physique de moyenne intensité tous les jours. La durée et le choix des activités varient selon l’âge, la race, la santé et l’état physique du chien. Par exemple, pour un chiot l’activité imposée sera de 5 minutes par mois d’âge. Donc, un chiot de 3 mois fera environ 15 minutes d’activité physique imposée (course, jeux de balle ou frisbee…) en continu. Votre vétérinaire pourra vous guider au besoin.

 

  • Faites mastiquer votre ami canin s’il y trouve un intérêt pour des jouets ou des os plusieurs fois par jour. Je vous suggère de garder ces objets rangés et de lui offrir à certains moments de la journée pour conserver son intérêt. Notez que les besoins masticatoires d’un chiot sont plus importants. Il vous sera donc très utile d’échanger régulièrement les jouets présentés pour stimuler sa curiosité.

 

  • Faites des séances de 20-30 minutes au total (2 x 10-15 minutes) d’activité mentale tous les jours. Toute activité qui fait réfléchir votre chien (entraînement, éducation ou nouveaux tours, recherche d’objet ou nourriture, cachette avec les humains de la maison, détection d’odeurs…). Une promenade dans de nouveaux endroits pour lui permettre de renifler et explorer constitue aussi une bonne dépense d’énergie combiné à du temps de qualité avec lui!

 

Avec une routine fixe et les activités quotidiennes prévues pour une bonne dépense énergétique selon ses besoins, votre chien sera assurément plus calme et détendu le reste du temps. Pensez à lui accorder du temps de jeu le soir, ce qui vous aidera principalement à créer un lien avec lui. Ces conseils contribueront à prévenir ces périodes d’énergie incontrôlables. Pour une intervention spécifique à votre situation faites appel à un intervenant canin compétent qui vous donnera un bon plan d’intervention.

 

Par contre

Si votre chien démontre ce comportement pendant ou suite à une situation nouvelle ou stressante, la gestion sera alors différente. En fait, cette ‘’gaieté’’ que vous croyez voir est probablement l’évacuation de tensions accumulées pendant ce moment d’insécurité ou confusion. Il est alors nécessaire de tenir compte du contexte pour comprendre le comportement de votre ami canin.

 

Recommandations

  • Il sera nécessaire de bien observer et décoder son langage corporel. Vous pourrez alors observer des signes de stress pendant ou après la frénésie. Comme se lécher, se gratter, se secouer intensément et à répétition, il aura peut-être les pupilles dilatées, halètera, la queue ramenée entre les pattes…

 

  • Vous devrez travailler de façon à prévenir ses inquiétudes en faisant en sorte que la situation devienne plus confortable et rassurante pour votre Toutou. Par exemple, s’il a ce comportement d’explosion d’énergie en sortant de chez le vétérinaire et qu’il démontrait des signes de stress pendant la visite. Vous devez alors prévoir de refaire des courtes visites dans la cour, puis à l’intérieur de la clinique avec l’approbation du personnel dans les semaines suivantes.

 

  • Tout en utilisant le contre conditionnement et la désensibilisation à l’aide de jouets ou récompenses afin de favoriser une émotion plus positive. Le principe est le même si cette folie apparaît à la sortie du bain (rarement très agréable pour un chien) ou même pendant l’apprentissage d’un nouvel exercice qui met Pitou dans la confusion.

 

 

Pour ce qui est de votre chat

Chez le chat, les choses sont légèrement différentes! Comme c’est un animal davantage actif tôt le matin et tard le soir, vous observerez ses steppettes excessives à ces moments précis. Chez le félin il s’agit plutôt d’un désir d’interagir avec vous ou le plus souvent d’une grande excitation soudaine. Il exécutera une série de sauts, sprints, roulades au sol, une vraie dans féline! Vous aurez la chance de voir ces emportements également après un toilettage et même à la sortie du bac à litière. Comme il s’agit d’un excellent acrobate, aucune intervention n’est nécessaire sur le moment. Mais, il est toujours nécessaire de vous assurer que l’environnement de votre chat correspond bien à ses besoins d’activité.

 

Évaluer les risques

À moins que votre animal se trouve dans un endroit périlleux, près d’un escalier, d’une route, d’un feu de camp, de sols glissants ou instables. Alors éloignez-le si le cas ou prévoyez de lui faire dépenser son surplus d’énergie avant votre sortie.  Il n’y a pas de raison de l’empêcher de combler sa lubie. Un sol sécuritaire comme un tapis ou du gazon est idéal. Éloignez-vous par précaution au cas où il pourrait venir vous bousculer et regardez-le de loin. Essayez d’en déterminer la cause et intervenez de façon préventive comme l’indique les conseils ci-hauts. Si le comportement a une longue durée ou s’il y a risque de blessures et que ça vous inquiète, parlez-en à votre vétérinaire qui saura vous conseiller.

 

Pour conclure

Il n’y a pas de situation parfaite. Prenez le temps d’observer votre animal, prendre en considération le contexte et évaluer les risques. Utilisez les services à domicile d’un professionnel du comportement animal pour vous guider ou d’un vétérinaire selon vos besoins. Vous serez toujours gagnant de suivre votre intuition et de vous faire confiance en toute circonstance. Et si votre animal exprime réellement de la joie, laissez-le s’éclater ou joignez-vous à lui! N’hésitez pas à profiter de l’instant présent!

 

 

Rédigé par Gabrielle Charland

TSA, Intervenante en comportement canin et félin

Praticienne TTouch de niveau 1

 

Crédit photo : Ron Fung-unsplash

Si on parlait cohabitation chien et chat... À la façon Zen!

Un sujet très intéressant à mon avis est la cohabitation entre chien et chat dans nos maisons. Très nombreuses sont les questions de mes clients concernant cette situation qui peut rapidement tourner à l’imprévu! Nous avons pu constater que la présence d’animaux de compagnie dans nos foyers était en hausse pendant les dernières années! Même si les chats et les chiens sont des animaux très différents, notre amour pour l’un est bien souvent présent aussi pour l’autre.

 

Selon un sondage

Selon un sondage Léger mené par l’AMVQ (Association des médecins vétérinaires du Québec) en 2021, plus de 52% des familles au Québec hébergent un chat ou un chien. Ce sondage indique une forte croissance des chats présents dans 36% des foyers. Nous parlons donc d’environ 2 millions de chats pour 1 millions de chiens! Et 10% des foyers québécois cohabitent avec un chat et un chien. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes!

Nous pouvons alors être certains que ces animaux sont très bénéfiques pour nous. Puisque nous vivons de plein gré avec eux dans nos maisons et qu’ils partagent aussi le quotidien de nos enfants. Dans cet article, je vais tenter de vous amener des pistes de solutions pour que tout le monde en sorte gagnant!

 

Un environnement à prévoir

Dans la plupart des cas, je vois un chiot ou un chien qu’on tente d’intégrer dans une maison habitant déjà un chat et le plus souvent adulte. Vous savez déjà si vous possédez un chat, qu’il est nécessaire de lui aménager un environnement enrichissant et sécuritaire. Je n’entrerai pas dans les détails ici, mais mentionnerai seulement les éléments à prévoir en vue d’adopter un ami canin. Si vous avez plusieurs chats, prévoyez que la tâche sera un peu plus compliquée car ces conseils devront quand même être appliqués!

 

Pour le chat

Votre chat aura besoin de davantage de zones de sécurité où il sera certain de ne jamais être dérangé par Pitou. Afin de bien cohabiter, votre chat et votre chien doivent se sentir en sécurité au quotidien.  Je vous suggère de modifier l’environnement de Minou graduellement et bien avant l’arrivée du chien.

  • Offrir des cachettes et hauteurs dans toutes les pièces de la maison afin qu’il puisse s’y réfugier à tout moment et hors d’atteinte de son ami canin. Prévoir des boites, tentes, meubles, petits espaces et diverses cachettes que Minou affectionne d’où il pourra observer le chien sans être vu de lui!

 

  • Pour les hauteurs : des tablettes, comptoirs, meubles, fenêtres accessibles par le chat mais aucunement par le chien. Je vous recommande à coup sûr un arbre à chat à chaque étage de la maison assez haut et stable pour que votre félin puisse s’y sentir en sécurité. Installez-le près d’une fenêtre pour lui permettre à la fois de se distraire et de surveiller le nouveau venu. Vous pouvez même y placer un petit lit ou coussin que votre chat affectionne pour se reposer.

 

  • Il sera souvent nécessaire de déplacer la nourriture et l’eau du chat dans un endroit accessible pour lui et en hauteur également. Puisque le fait que Minou apparaisse pour s’alimenter intéressera de façon certaine votre nouveau compagnon! Pour bien s’alimenter, votre chat a besoin d’un espace tranquille où il ne sera pas dérangé même par les regards de Pitou! Si vous décidez d’utiliser le comptoir de la cuisine, prévoyez d’occuper le nouveau venu dans une autre pièce à l’heure des repas.

 

  • Pour ce qui est de la ou des litières… Le chien ne doit pas y avoir accès du tout. À la fois pour sa sécurité, des complications seraient possibles suite à l’ingestion de gravier, transmission de maladies ou parasites et pour la santé du chat qui doit faire ses besoins quotidiens. Vous placerez donc les lieux de toilette du chat dans des pièces fermées dont la porte comprend une chatière (non accessible au chien) ou en hauteur dans les endroits appropriés. Si vous utilisez des hauteurs, assurez-vous qu’il y ait deux accès faciles pour le chat et que le tout soit très stable.

 

Les présentations

Pour un chiot adopté entre 8 et 14 semaines, il sera plus facile d’apprendre que le chat est une espèce amie grâce à la socialisation. S’il vit sous le même toit, il apprendra à le respecter et cohabiter avec lui sans poursuite ou harcèlement moyennant certaines interventions de votre part pour le guider. Pour une cohabitation réussie, les deux espèces doivent avoir appris le concept de l’autre espèce amie.

Si par contre, les deux n’ont pas été mis en contact lors de cette période de socialisation, il est fort à parier que vous n’aurez jamais la certitude que tout se passera bien. Pitou sera régulièrement tenté de poursuivre Minou, car celui-ci prendra la fuite la plupart du temps, déclenchant ainsi son instinct de poursuite. Rares sont les chats qui lui feront face, mais c’est aussi possible. Notez que pour un chat, le fixer du regard est une confrontation, c’est souvent ce qui le fera réagir si le chien a tendance à le faire. Donc, attention aux blessures aux yeux, surtout pour les chiots qui sont souvent plus audacieux!

 

Protocoles à l’appui

Sachez que des protocoles précis existent pour favoriser une belle première rencontre et augmenter les chances d’une bonne entente dès le début de la cohabitation entre chat et chien. Un(e) intervenant(e) compétent(e) en comportement animal serait en mesure de vous aider dans cette intervention.

 

Quelques conseils de base

 

Une bonne gestion de l’espace

Les présentations doivent se faire à distance sans forcer les animaux à se sentir ou se toucher. Il est primordial de bien gérer l’environnement pendant la période d’adaptation. Utilisez des barrières de bébé, retirer l’accès au chien à un étage de la maison, fermer les portes de certaines pièces surtout s’il s’agit d’un chiot. Si vous venez d’adopter un chiot, il y a de toute façon plusieurs éléments à considérer pour lui offrir un environnement sécuritaire. Installer les petits jouets du chat dans un endroit hors d’accès pour le chiot en fait d’ailleurs partie!

 

Éviter de contraindre le chat

Pour les présentations, le chat doit avoir continuellement la possibilité de fuir où il veut pour se sécuriser si le stress devient trop grand. Je vous pris d’éviter d’enfermer le chat dans une cage, dans une pièce avec le chien ou même dans vos bras. Ceci ne ferait qu’augmenter les chances d’une réaction agressive de la part de votre chat.

 

Limiter les déplacements du chien

Le plus souvent, je recommande de retirer l’accès au chien ou chiot à un étage de la maison avec une barrière de bébé solide. Assurez-vous que l’étage réservé au chat renferme tout ce dont il a besoin et quelques-uns de ses endroits préférés pour le jeu ou la détente. Cela permet au chat d’évaluer la situation, s’acclimater aux nouvelles odeurs et observer le chien à distance dans un environnement rassurant pour lui et il peut quand même circuler où il veut.

 

Utiliser la laisse

Ensuite il serait utile de laisser une laisse à votre chien dans la maison les premiers temps afin de le guider à ne pas se préoccuper du chat. Chaque fois qu’il s’intéresse, regarde ou fixe le chat, rappelez-le, prenez la laisse relâchée (sans tirer ou la tendre) et renforcer tous les comportements de calme de Pitou en présence de Minou.  S’il reste calme, encouragez-le avec un renforcement verbal comme ‘’bon chien’’. Ensuite, offrez-lui des gâteries appétentes ou de l’attention selon ses préférences pour faire une bonne association.

Si vous utilisez des jouets, assurez-vous qu’ils n’excitent pas Pitou. Vous aurez intérêt à encourager son calme afin qu’il laisse le chat tranquille! Évitez toute intervention punitive qui pourrait faire une mauvaise association avec le chat et certainement empirer la situation.

 

Isoler votre chat au besoin

Votre chat se réfère continuellement à son environnement. Donc, je mentionne de l’isoler dans une chambre où il est habituellement confortable et familier seulement s’il est très stressé ou davantage en réaction aux nouveaux animaux. Alors, j’indique de lui fournir un arbre à chat, sa litière, ses bols, des jouets, sa nourriture et des gâteries dans cette pièce fermée où il restera aussi longtemps que nécessaire.

Il pourra y rester quelques heures ou des jours le temps de se calmer et d’être assez détendu et curieux pour rencontrer son nouvel ami. Il est toujours important de bien observer son langage corporel. En l’absence du chien dans la maison, je vous suggère de le sortir librement afin qu’il puisse sentir les odeurs de Pitou. Il serait opportun d’éparpiller des gâteries pour chat dans l’espace de vie du chien afin augmenter les chances d’une association positive!

 

Dans plusieurs cas

Généralement, les chats vont rester loin du chien et analyser la situation à distance. Peu à peu, ils reviennent dans l’espace de vie du chien à mesure qu’ils se sécurisent. Le chien essaiera d’interagir avec le chat qui lui démontrera ses limites et sa distance de sécurité. Et tous deux finiront par se comprendre et se tolérer respectant les limites de l’autre. Gardez la barrière en place pour le temps nécessaire, votre chat doit pouvoir se réfugier chaque fois qu’il le souhaite. Alors des exercices d’intervention positive pourront être ajoutés pour les deux animaux lorsqu’ils se côtoient pour s’assurer d’une bonne entente. Ils doivent au minimum bien se tolérer et au mieux s’apprécier!

 

Si la situation dégénère

Plusieurs de mes clients ont une situation similaire. Ils viennent d’adopter un chiot et possèdent déjà un ou plusieurs chats. La plupart du temps, aucune intervention particulière est nécessaire hormis les conseils de base énumérés précédemment. Mes conseils encadreront davantage le chiot qui doit s’adapter à son nouvel environnement et y respecter certaines règles. L’objectif est de donner confiance au chat en gérant le chiot. Ainsi que de donner confiance au chiot en l’encadrant tout en renforçant positivement les deux animaux en présence l’un de l’autre.

 

Ce qu’il faut faire

Mais, parfois les interactions entre chat et chien peuvent être plus houleuses… Les gens s’inquiètent quand leur chat grogne ou vocalise et avec raison car des sons nouveaux et impressionnants peuvent alors s’exprimer. Si cela survient par moments, n’intervenez pas. Observez-les de loin et laissez-les fixer leurs limites respectives. Vous verrez assez rapidement qu’ils se respecteront ensuite mutuellement. Pour un chiot, cette compréhension sera peut-être plus longue, mais vous pourrez le guider avec les conseils avisés d’un professionnel canin et félin.

 

Que du positif!

Dans tous les cas, il faut éviter toute punition verbale ou physique. Cela ne ferait qu’envenimer la situation et les prochaines altercations seraient pires. Le fait de garder Pitou en laisse libre les premiers temps vous permet d’intervenir de façon sécuritaire en prenant la laisse et en vous éloignant si une chicane éclate. Et surtout évitez de prendre le chat dans vos bras!

Si votre chiot ou chien adulte réagit chaque fois qu’il voit le chat ou lui court après continuellement, vous devez impérativement consulter un intervenant en comportement canin et/ou félin. Il saura vous outiller pour rétablir la situation de la meilleure façon et selon les besoins de vos animaux.

 

En conclusion

Patience, douceur, rigueur, clarté et confiance sont de mise pour une belle cohabitation entre chien et chat. L’adoption d’un chien doit être une décision mûrement réfléchie et préparée. Donc, prenez le temps de vous procurer les bonnes informations pour modifier graduellement l’environnement de Minou afin que les choses se passent le mieux possible pour lui.

Je vous recommande fortement de toujours faire appel à un professionnel du comportement canin pour éduquer votre chien ou chiot dès son adoption afin de bien l’intégrer votre foyer. Et finalement, soyez patients, ces choses prennent du temps. Il s’écoulera probablement plusieurs mois avant que chat et chien vivent de façon harmonieuse. Gardez votre attitude positive ayez confiance!

 

Rédigé par Gabrielle Charland

TSA, Intervenante en comportement canin et félin

Praticienne TTouch de niveau 1

 

Sources :

  • Dehasse, Joël. L’éducation du chien. Éditions La Griffe. 2012. p.48-52
  • Dehasse, Joël. Vétérinaire comportementaliste. Formation en ligne Le chat dans tous ses états. 2019
  • Filion, Daniel. Comportementaliste félin Éduchateur. Formation Chatcadémie Maître (notes de cours). 2014.
  • Leclerc, Lucie. Instructrice TTouch. Formation praticienne niveau 1 pour animaux de compagnie. 2019 à 2021.

Crédit photo: Andrew-s-ouo-unsplah

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour communiquer au poil avec son chien!

Qui n’a pas déjà eu l’impression que son animal ne l’écoutait pas, même qu’il le provoquait peut-être!  Pour la plupart d’entre vous, comprendre ce chien qui fait partie intégrante de votre vie relève d’un défi monstre! Décoder ses mimiques, ses vocalisations et ses comportements peut vous sembler hors de portée. Pourtant, il vous suffit de l’observer au quotidien, comprendre ce dont il a besoin et les expressions qui lui sont propres afin d’arriver à bien saisir la situation. N’oubliez pas que votre chien est un être social avant tout! Je vous dirais que le plus souvent, suivre votre instinct est le début d’une bonne communication. Mais, évidemment, ce n’est pas tout! Cet article vous donnera les principaux outils pour débuter une belle et authentique relation avec votre chien.

 

Les bases du langage canin

Tout d’abord, regardons ensemble les bases de cette communication canine indispensables à savoir : les signaux d’apaisement ou d’inconfort. Ils sont les premiers signes visibles d’une volonté d’interaction amicale ou bien de l’expression d’une incertitude dans situation confusionnelle. Ainsi que les signes de stress et les réflexes de défense qui eux sont exprimés de façon involontaire et lorsqu’une menace est perçue. Une fois que vous saurez les identifier, les différentes situations que vous vivez au quotidien vous sembleront plus claires. Mais sachez que la communication canine comprend aussi d’autres éléments comme les vocalisations, mouvements, phéromones, odeurs, marquage… Tout ce qui permet au chien de recevoir ou transmettre des informations aux individus qui l’entourent et à son environnement.

 

Les signaux d’apaisement ou d’inconfort

Depuis de nombreuses années, on peut constater que les livres et articles sur le langage canin se succèdent. La plupart se réfèrent entre autres à Turid Rugaas, une ancienne entraîneuse de chevaux de course qui a toujours su par instinct que les méthodes douces étaient les plus efficaces. Elle a aussi travaillé pendant des années avec des chiens et leurs propriétaires pour leur démontrer une éducation bienveillante.

Cette femme d’exception a entrepris un travail sur les signaux d’apaisement à la fin des années 80, qui a donné le jour à un livre publié pour la première fois en 1996, puis une deuxième édition en 2006 : Les signaux d’apaisement, les bases de la communication canine. Elle décrit une trentaine de ces signaux comme des postures et mimiques exprimées volontairement par les chiens pour prévenir les menaces des gens, d’autres chiens et calmer la nervosité, la peur, le bruit ou toute chose désagréable. Leur permettant ainsi de se rassurer, rassurer les individus qui les entourent et éviter de nombreux conflits.

 

Les plus courants

Assez récemment, la science du comportement nous apprend que le terme ‘’signaux d’inconfort’’ est plus approprié puisqu’ils démontrent le plus souvent un inconfort chez l’animal. En voici quelques-uns : tourner la tête, cligner des yeux, détourner le regard, se lécher la truffe, marcher lentement, position de l’appel au jeu, s’asseoir, se coucher, bailler, renifler, s’avancer en arc de cercle, lever la patte, remuer la queue, se secouer…

Il est donc toujours très pertinent de bien observer votre chien afin de voir ces comportements et de modifier la situation qui s’y rapporte si nécessaire. En exemple, si votre chien s’assoit ou se couche lorsqu’il rencontre un autre chien tenu en laisse, il s’agit d’un signe très fort pour indiquer qu’il ne veut pas de conflit et que son intention est amicale. Ou encore, votre chien peut bailler lorsque le ton monte pendant une discussion entre ses propriétaires. Également, il peut aussi cligner des yeux et détourner la tête lorsque vous le caressez ou tentez d’interagir avec lui. Dans toutes circonstances, ces signaux sont généralement positifs!

 

Tranche de vie

Les chiens ont généralement leurs propres signes qu’ils reprennent plus couramment. Pour mon Marcus, le bâillement et le détournement de la tête ou du corps sont ceux qu’il exprime le plus souvent.  Dans son cas, auparavant, lorsque je mettais son harnais ou attachait sa laisse, lors de caresses ou interactions diverses, lorsqu’il ne comprenait pas une demande ou s’il y avait trop d’enfants autour de lui… Avec le temps, j’ai dû modifier ces situations pour le rendre plus confortable et il en fait beaucoup plus rarement! Du haut de ses 3 ans, nous nous comprenons vraiment mieux! Retenez que si un ou des signes d’inconfort apparaissent, vous devez être attentif aux détails de la situation qui se déroule sous vos yeux. Votre chien a besoin que vous soyez connecté et présent avec lui.

 

Les signes de stress

Une définition globale du stress serait l’ensemble des réactions d’un organisme soumis à des pressions ou contraintes de l’environnement. Les réactions seront différentes selon la perception de l’individu et des émotions qui en découlent. Elles sont la plupart du temps involontaires et s’imposent au chien. Le stress amène couramment peur, confusion ou incertitudes qui influencent le comportement de l’animal.

 

Ce que vous pouvez observer

Une vétérinaire comportementaliste bien connue Sophia Yin, décédée il y a quelques années, en a répertorié plusieurs. On parle de posture accroupie, très basse, halètement, respiration rapide, augmentation de la fréquence cardiaque, mouvements lents ou très rapides, hypervigilence. Peuvent s’ajouter à cette liste le refus de manger, s’éloigner, avoir les pupilles dilatées, avoir le corps raide, sudation des coussinets, pellicules et perte de poils excessive, salivation, avoir le poil hérissé sur le dos…

Si vous constatez ces signes chez votre toutou, il est impératif de trouver la cause ou le déclencheur de cette difficulté et d’intervenir pour le retirer de ce contexte ou modifier celui-ci. La gravité de la situation ne fera qu’empirer si elle n’est pas gérée rapidement, également si cette même situation doit se reproduire dans le futur.

 

Des solutions

Tout ce qui peut aider votre animal à se calmer sera une bonne solution. Que ce soit de la distance avec le déclencheur, des caresses à un endroit apprécié sur le corps, des paroles rassurantes. Il peut même s’agir de jeu, de nourriture, changer un détail dans l’environnement, d’une musique, une odeur, une façon plus douce et consciente d’interagir avec lui… Tout ce qui peut lui donner une perception plus positive de la situation aidera à rétablir son calme et son équilibre émotionnel.

Par exemple, dans le cas d’un enfant qui s’impose et envahit un chien tenu en laisse, il est possible d’observer un ou plusieurs de ces éléments. Il serait pertinent de suggérer à l’enfant qu’il s’éloigne un peu du chien et qu’il invite celui-ci à s’approcher de lui tout en respectant son choix. Le propriétaire pourrait même donner des gâteries à l’enfant qui les lancerait au chien à distance. Peu importe l’âge de l’enfant ou la situation, il est primordial qu’en sa présence l’association faite par le chien soit toujours positive et agréable!

 

Les réflexes de défense

Les réflexes de défense sont des mécanismes inconscients exprimés par les animaux autant que les humains pour se soustraire à une situation qui leur fait ressentir de la peur. Chez le chien, il y en a quatre qui sont le plus régulièrement observés : figer, fuir, faire le fou, foncer (communément appelés 4F). Chaque individu aura une tendance à manifester un de ces réflexes. Mais s’il ne peut l’utiliser, un second sera assurément exprimé. Tous les animaux figent plus ou moins longtemps en premier lieu et souvent ce réflexe passe inaperçu.

Prenons le cas d’un chien dans les bras de son propriétaire, le soir, devant la télévision qui se reposent tranquillement. À un moment, la jeune fille de la famille s’approche face à lui pour le caresser parce qu’elle en a envie… Quand celui-ci est surpris, se met à grogner et à montrer les dents. Le réflexe du père sera probablement de réagir fortement en réprimandant le chien puisqu’il est lui-même surpris de sa réaction. Si on regarde de plus près, le chien fige quelques secondes mais la fillette ne le voit pas. Puis, dans les bras de l’humain, il est pris et contraint, il ne peut s’éloigner s’il ne souhaite pas cette interaction. Alors, lui reste l’option de foncer : montrer les dents et grogner dans son cas!

 

Comment interagir?

Vous voyez que tous ces éléments font partie intégrante de la communication humain et chien! D’autant plus qu’il est évident qu’ils évoluent en escalade selon l’évolution de la situation. Alors votre compréhension des circonstances est importante!

Tout d’abord, il est essentiel de bien comprendre le langage canin en vous procurant les bonnes informations. Je vous conseille fortement de prendre les services d’un intervenant canin compétent utilisant des méthodes bienveillantes pour apprendre à lire votre propre chien. Chacun est unique et utilise un langage bien à lui puisque’ il a également ses propres limites. Un tel professionnel vous aidera à décoder tous les signes exprimés par votre chien et vous faire voir des détails que vous n’aviez pas encore vu. Il mettra en lumière les besoins et limites de votre compagnon.

Évidemment, dans tout contact avec votre chien, priorisez le respect. Soyez conscients de ses limites puisque vous exigez de lui qu’il respecte les vôtres. Laissez-lui toujours de la distance et le choix de refuser toute interaction avec vous ou d’autres individus. Offrez-lui toujours un endroit calme et bien à lui dans son espace de vie, un refuge qui lui est accessible quand il le souhaite. De cette façon vous saurez à quel moment il en a assez et s’il a besoin d’une pause. Pensez à toujours le toucher ou le caresser de façon brève. Il doit pouvoir s’éloigner au besoin. Le moment que nous choisissons pour les câlins n’est pas toujours celui que notre ami canin souhaite! Finalement, dans tous vos échanges avec Pitou, soyez présents et attentifs à ce que vous faites et bien sûr dans chaque détail.

 

Comment se faire comprendre

Je vous assure qu’il n’est pas nécessaire de se fâcher ou s’impatienter pour se faire comprendre d’un chien. Il n’a pas la capacité de vouloir provoquer votre colère ou se venger. Et quelle motivation aurait-il de vous obéir dans ce cas? Votre chien n’est pas un humain, il vit dans l’instant présent et est connecté avec lui-même bien plus que vous ne l’êtes avec vous.

Prenez le temps de lui démontrer vos intentions dans vos échanges et vos demandes. Soyez clairs, en utilisant un mot et un geste simple pour chaque demande. Trouvez les bonnes motivations pour lui donner envie de s’exécuter (nourriture, jeu, jouets, sorties extérieures ou tout ce qu’il souhaite). Vous devez être gagnants tous les deux dans cette relation. Dans vos manipulations ou caresses soyez doux, attentif et prévenant pour toujours le mettre en confiance. Si votre compagnon a confiance en vous et en ce que vous faites, il vous laissera faire tout ce que vous voulez ou à quelques exceptions près. Et vous verrez plus facilement où se trouve ses limites. La méthode Tellington Ttouch est très efficace pour développer une communication attentive et consciente.

 

Quelques observations de mon expérience

Voici de petits détails que j’ai pu observer dans mon parcours en clinique vétérinaire et mon travail d’intervenante en comportement canin. Ils vous aideront dans plusieurs circonstances!

  • Un chien qui n’a pas de place de repos dans son espace de vie devient moins tolérant, agité, plus réactif et instable émotionnellement. Prévoyez un coin tranquille: coussin, cage positive, tapis, chambre…Tout endroit où il semble vouloir aller se reposer de lui-même régulièrement. Votre chien aussi a besoin de paix de temps en temps!

 

  • Le grognement est un avertissement à prendre au sérieux. Que ce soit dans les contacts, manipulations, interactions ou toute autre situation. Ne le punissez jamais, prenez-le en compte. Votre chien vous parle directement, modifiez le contexte ou l’événement en question de façon à l’aider à retrouver son calme. Il comprendra qu’il peut avoir confiance en vous et se sentir en sécurité à vos côtés.

 

  • Le regard fixe d’un chien est très souvent indicateur d’une chose à laquelle vous devez intervenir. Excepté s’il l’exprime parce qu’il a été entraîné au focus. Ce regard est souvent la première chose évidente que vous verrez si votre toutou est dérangé, stressé ou attentif à une chose précise (objet, animal, personne…). Il le fera probablement s’il a peur ou est stressé, avant de déclencher en réactivité ou même en cas de comportement de prédation (qui ne sera pas abordé dans ce texte). Vous serez certainement gagnant de ne pas le laisser dans cet état.  Il sera efficace de rapidement détourner son attention ailleurs en le rappelant ou en lui faisant une demande précise. Bien avant qu’il exprime un comportement suivant comme japper ou courir. Le service d’un intervenant canin expérimenté sera nécessaire dans certains cas. Et devant un chien inconnu, évitez de le fixer du regard puisqu’il risquerait de vous percevoir comme une menace. Si vous détournez le regard et cligner les yeux, ça l’aidera à se calmer. Vous gagnerez plus facilement sa confiance!

 

  • Dans mes consultations à domicile, très souvent un chien inconnu se positionne face à moi, il me regarde et me surveille du coin de l’œil. Un tel chien ne me fait pas confiance. Il est alerte, surveille mes faits et gestes. Il peut se coucher, mais face à moi. Dans ces cas-là, je sais que je dois trouver un moyen de gagner sa confiance. Je travaille alors dans le respect de ses limites, la distance, le jeu, les récompenses afin de changer son émotion. Puis, rapidement il devient plus détendu et à l’aise.

 

  • Par contre, un chien dans votre environnement et peu connu vous tourne le dos, fait sa vie sans se préoccuper de vous, c’est assurément qu’il ne se sent pas menacé et  plutôt en sécurité. S’il s’assoit ou se couche près de vous et positionné dos à vous, il vous fait confiance! Et s’il dépose sa tête sur vos genoux, c’est gagné!

 

En conclusion, communiquer avec un chien est avant tout de l’observation. Ensuite, vient un lien de confiance créé par le respect de l’autre. L’humain ne craint pas ce qu’il connait et le chien non plus. Si l’humain est imprévisible et que Pitou ne sait jamais à quoi s’attendre, il sera méfiant et le sentiment de sécurité sera absent. Si au contraire, votre ami canin connaît votre respect, votre patience et vos intentions, votre relation sera vraie et sans ambiguïté. C’est bien là où se trouve le plus beau dans le fait de vivre avec un animal!

 

 

Rédigé par Gabrielle Charland

Intervenante en comportement canin et félin

Praticienne TTouch niveau 1

 

Sources :

  • Dehasse Joël. Tout sur la psychologie du chien. Éditions Odile Jacob. 2009.
  • Rugaas, Turid. Les signaux d’apaisement, les bases de la communication canine. Éditions Génie canin. 2006.
  • Yin, Sophia. Low stress handling. Restraint and behavior modifications on dogs and cats. Cattledog publishing.
  • Leclerc, Lucie. Formation en TTouch pour animaux de compagnie. 2019 à 2021.

 

crédit photo: Courtney Coles-unsplash

 

 

 

 

 

 

5 règles d'or pour avoir du succès avec la propreté de votre chien

Avouez que le jour où votre chiot a été propre fut celui où le réel plaisir a commencé! Je parle de l’apprentissage de faire ses besoins à un endroit précis qui convenait à son humain. La priorité pour tout propriétaire de chien est bien que celui-ci respecte l’environnement dans lequel il vit. C’est bien souvent une période qui demande beaucoup d’énergie et de patience! Dans une vision plus positive, on parle heureusement d’une période vraiment plus courte chez le chien que chez les enfants!

 

Avant tout

Dans les faits le chiot apprend de lui-même à ne pas salir ses lieux de repos et d’alimentation. Très tôt il s’éloigne du nid pour faire ses besoins. Vers l’âge de 4 à 5 semaines, il arrive à se retenir au besoin pour ne pas souiller l’endroit où il dort.  Par la suite, il développe une préférence pour une texture et un lieu d’élimination selon son environnement autour de 8 semaines. Il n’est pas rare que Pitou adopte un endroit pour les selles et un autre pour les urines. Son instinct le poussant à rechercher les odeurs précédentes pour refaire ses besoins à la même place… Vers 15 semaines, la préférence du chien pour une texture et un lieu précis est presque définitive selon Joël Dehasse, vétérinaire comportementaliste. Par contre, si vous le laissez décider de ses endroits préférés, je parie que vous n’apprécierez pas ses choix!

La meilleure solution pour votre foyer est donc de lui apprendre à éliminer à l’endroit précis que vous aurez désigné et qui lui servira de toilette. Que cet endroit soit dehors où à l’intérieur, l’apprentissage sera le même. À partir du moment de l’adoption d’un chiot ou d’un chien adulte, les bonnes interventions sont importantes dans son nouvel environnement pour éviter les erreurs qui pourraient vous nuire à plus long terme.

Les 5 règles d’or

  1. La bonne correction

Pour lui enseigner la propreté, il est fortement déconseillé d’utiliser la punition verbale ou physique. L’élimination est pour votre chien un besoin naturel et fondamental. Si elle est punie, il pourrait en découler de l’anxiété, de la peur, une augmentation de la malpropreté ou même de la crainte envers vous. Dans cet enseignement, si vous le prenez sur le fait, la correction sera de l’amener à l’endroit déterminé pour les besoins afin de pouvoir le récompenser s’il adopte le bon comportement. Pour se faire, je vous conseille de le mettre en laisse pour plus de facilité et vous assurer sa réussite. Il est important de ne rien dire et d’avoir une attitude neutre. S’il est trop tard et que les besoins sont déjà faits, ne faites rien de plus que les nettoyer. Il faudra être plus vigilent la prochaine fois.

 

  1. Le nettoyage adéquat

Pour les mauvais endroits souillés, je vous conseille d’employer une solution moitié eau et moitié vinaigre, un nettoyant spécialisé (formule Uri-Clean) ou toute autre solution qui neutralise les odeurs d’urines et de fèces. Cette étape est très importante puisque Pitou recherche les anciennes odeurs pour y refaire ses besoins. Les produits ménagers courants contiennent souvent de l’ammoniac ou des dérivés qui encourageraient votre ami canin à refaire ses besoins au même endroit.

 

  1. Les consignes claires

Il est évident que la clarté des interventions affectera la rapidité de cet apprentissage. Guidez clairement votre chiot ou chien adulte récemment adopté vers ce que vous souhaitez. Pour un chien adulte ayant déjà pris de mauvaises habitudes le processus sera plus long mais tout à fait possible! Premièrement, sortez-le toujours par la même porte qui mènera à l’endroit que vous aurez choisi dehors et qui sera accessible pendant les quatre saisons. Associez ses actions avec des mots clairs comme ‘’dehors’’ quand vous ouvrez la porte pour sortir. Également le mot ‘’pipi’’ ou ‘’caca’’ selon le besoin qu’il fera. Les mots clairs lui indiqueront exactement vos attentes. Éventuellement, il fera ses besoins sur demande. Ce contexte peut s’avérer très pratique lorsque vous disposez de peu de temps avant un départ par exemple.

 

  1. Le renforcement positif

L’étape la plus importante du processus est le renforcement positif du comportement voulu. Au moment où le chien fait son besoin, vous devez confirmer le bon comportement avec ‘’bon chien’’ ou ‘’bravo’’. Cependant, il est préférable d’employer un ton de voix neutre pour ne pas l’interrompre ou l’exciter. Lorsqu’il a terminé, récompensez-le avec une gâterie qu’il apprécie pour l’inciter à recommencer!

 

  1. Gérer l’environnement

Afin d’assurer votre succès pour cet apprentissage, vous devrez également gérer l’environnement du chiot ou chien adulte. Il sera plus facile de voir les signes annonciateurs et de recherche d’odeurs (renifler le sol, tourner en rond, ralentir ou augmenter la vitesse de déplacements…) qui peuvent légèrement varier d’un individu à l’autre. Vous devrez réduire son espace de vie avec des barrières pour bébé, le garder en laisse par périodes dans la journée ou bien, utiliser un enclos ou une cage lorsque vous ne pourrez pas le surveiller. Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous devrez l’accompagner au bon endroit aussi souvent que nécessaire les premières semaines.

 

En définitive

Pour un chiot il faudra l’amener à sa toilette toutes les heures en journée et peut-être une à deux fois la nuit selon son âge étant donné qu’il ne contrôle pas encore très bien ses sphincters. La nuit, il faudra prévoir de le mettre dans sa cage s’il y est confortable pour l’aider à se retenir plus facilement. Il fera des besoins après avoir dormi, joué, mangé, s’être abreuvé… Généralement, les chiots sont propres vers 3 ou 4 mois d’âge selon l’individu. Sachez que tous les chiens ne demandent pas la porte, pour certains un entraînement est nécessaire.

Votre chien adulte récemment adopté aura quant à lui besoin d’un rappel aux deux heures en journée pour bien intégrer sa nouvelle routine. Si vous suspectez un problème quelconque d’élimination, il est nécessaire de consulter votre vétérinaire rapidement. Lorsque vous adoptez un nouvel ami canin qu’il soit chiot ou adulte, vous serez toujours gagnant de vous procurer les services d’un éducateur canin compétent. Celui-ci sera en mesure de vous faire les meilleures recommandations selon votre environnement et votre ami canin!

 

En un mot, cette étape de l’apprentissage de la propreté est relativement courte pour la plupart des chiens. Pensez avant tout à vous faciliter les choses et vous mettre en réussite jour après jour. Alors ayez une attitude positive, avancez par étapes et faites-lui confiance!

 

Rédigé par Gabrielle Charland

Intervenante en comportement canin et félin

 

Sources :

  • Dehasse, Joël. Changer le comportement de mon chien en 7 jours. Éditions Odile Jacob, 2012. p.235-239
  • Dehasse, Joël. Tout sur la psychologie du chien. Éditions Odile Jacob, 2009, p.88 à 91

 

crédit photo: Ayla Verschueren-Unsplash